Tuiles terre cuite, ardoises, zinc : quel matériau est le plus adapté au climat basque et aux contraintes architecturales locales ?
Changer de couverture est un chantier qu'on ne fait qu'une ou deux fois dans la vie d'une maison. Au Pays Basque, le choix du matériau dépend de quatre choses : le style de la maison et les règles d'urbanisme de la commune, la pente du toit, l'exposition au vent et au sel, et le budget. Voici ce qu'il faut savoir sur les trois grandes familles de couvertures de la région.
La tuile en terre cuite, le matériau de référence
C'est la couverture de la grande majorité des maisons basques. La tuile canal, en forme de demi-cylindre, est la plus traditionnelle : on la trouve sur les maisons labourdines, les fermes et les centres anciens, de Saint-Jean-de-Luz à Sare. La tuile mécanique, dite à emboîtement, s'est imposée sur les constructions plus récentes : elle se pose plus vite, et ses emboîtements la rendent moins sensible au vent.
La terre cuite dure longtemps, de l'ordre de cinquante ans et souvent bien davantage avec un entretien régulier. Elle a deux points faibles sous notre climat : sa surface poreuse retient les mousses, d'où l'intérêt d'un démoussage régulier, et c'est la plus lourde des trois couvertures.
L'ardoise, sur les villas et les maisons de caractère
L'ardoise naturelle couvre une partie des villas de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notamment à Biarritz. Fine et peu poreuse, elle peut durer un siècle. Elle demande en général un toit plus pentu que la tuile canal, et coûte plus cher, à l'achat comme à la pose : chaque ardoise est fixée au crochet ou au clou. Remplacer quelques ardoises cassées reste en revanche une réparation simple pour un couvreur.
Le zinc, pour les faibles pentes et les zingueries
Le zinc est léger, se façonne sur place et accepte des pentes très faibles. On le choisit pour les extensions à toit presque plat, les lucarnes et les tourelles, et surtout pour les ouvrages qui assurent l'étanchéité d'une toiture en tuiles : gouttières, noues, solins, abergements autour des cheminées et des fenêtres de toit. Bien posé, il dure plusieurs dizaines d'années. Sur le front de mer, l'air salin use plus vite les métaux : le choix de la finition et des fixations y compte davantage qu'ailleurs.



Ce que votre commune impose
Avant de choisir, renseignez-vous auprès du service urbanisme de votre mairie. Refaire une couverture à l'identique ne demande en général aucune formalité, mais changer de matériau ou de teinte modifie l'aspect extérieur de la maison et passe par une déclaration préalable de travaux. Le plan local d'urbanisme impose souvent la tuile et sa couleur, et aux abords d'un monument historique ou dans un site patrimonial remarquable, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France est requis. Au Pays Basque, beaucoup de centres anciens sont concernés.
Les autres critères à peser
- la pente du toit : chaque couverture a une pente minimale fixée par les règles de l'art (les DTU), ce qui écarte d'emblée certains matériaux ;
- le poids : passer du zinc ou de l'ardoise à la tuile alourdit la toiture, et la charpente doit pouvoir le supporter ;
- l'exposition : sur un site très venté, les fixations des tuiles de rive et de faîtage comptent autant que le matériau ;
- l'entretien : la terre cuite demande un démoussage régulier, l'ardoise et le zinc beaucoup moins ;
- le budget : il faut compter la dépose de l'ancienne couverture, le remplacement éventuel des liteaux et de l'écran sous toiture, et les zingueries.
Notre conseil
Dans la plupart des cas, le bon matériau est celui que la maison avait à l'origine : il correspond à sa charpente, à sa pente et aux règles de son quartier. Une rénovation de couverture est aussi l'occasion de poser un écran sous toiture, de refaire le faîtage à sec (voir notre article sur la réfection de faîtage) et de reprendre les zingueries.
Pour un projet de couverture neuve ou de rénovation, voyez notre page pose de couverture, ou demandez un devis gratuit : nous venons voir votre toiture et vous conseillons le matériau adapté.

